Management, n°78 Diner chez vous - Des textiles photoluminescents - Business Angels : où en est la France - Interview de Nicolas Becquet adepte de l'innovation éditoriale

Prenez le commandement d’un hélico de combat


Thales Université (le centre de formation des collaborateurs du groupe Thales) et HEC (Ecole des Hautes Etudes Commerciales) lancent SimLead, une offre de formation basée sur un logiciel de simulation militaire. Objectif : renforcer la capacité de Leadership de chaque salarié.

Philippe Flandin, formateur SimLead. ©TCA-innov24

« Dans quelques minutes vous devrez secourir les rescapés d’une inondation dans le Var », lance Philippe Flandin, ex-capitaine de l’Armée de Terre, reconverti en (faux) Préfet de département. Aux commandes d’un hélicoptère, un cadre dirigeant, transformé en pilote, tire sur le manche à balai pour prendre de la hauteur. La chef de bord, une secrétaire, étudie la carte de navigation. En revanche, le grand patron de l’entreprise se contente d’une place de copilote. Apparemment exceptionnelle, l’action se déroule en fait dans les sous-sol de Thales Université qui vient de lancer « SimLead ». A savoir, une nouvelle offre de formation interactive basée sur Edith, le simulateur tactique de combat utilisé en France par l’Alat (Aviation légère de l’Armée de terre) depuis 2001 et par l’Armée Belge depuis 2004 pour entraîner leurs pilotes d’hélicoptère. Seule différence : dans la version SimLead, les armes et les scénarios de guerre ont été retirés. Inspiré de situations réelles, le jeu vidéo plonge les salariés dans des situations de crises virtuelles. Avec une question en filigrane : qui prendra lecommandement de l’appareil ?

Un journée typique de formation comporte 2 sessions. La première (le matin) est dédiée au jeu vidéo. La seconde (l’après-midi) est occupée par le débriefing des « troupes ». ©TCA-innov24

Prendre la place du calife. « De nombreux dirigeants, brillants dans leur domaine professionnel, perdent leur capacité de Leadership dès qu’ils sont placés dans un contexte inconnu », explique Philippe Flandin, revenu au monde civil après sa carrière militaire. Devenu conseiller technique auprès de Thales Université pour le développement de SimLead, il anime maintenant les sessions de formation. « Lorsque les participants arrivent, je leur demande de se répartir en équipes de trois personnes. » Généralement, les patrons se réservent le statut de chef de bord. De leur coté, les employés restent cantonnés aux fonctions secondaires. « Mais je m’arrange pour redistribuer les pouvoirs », ajoute l’ex-capitaine, facétieux. Par exemple en créant des « missions impossibles », visant à faire monter la pression. Lorsque leur supérieur hiérarchique ne gère plus la situation, les employés viennent en renfort. Jusqu’à prendre le commandement des opérations…

Alain Oumeddour, PDG de Thales Université. ©TCA-innov24

Flexibilité managériale. À l’Armée comme dans les entreprises, la fin justifie les moyens. « La meilleure qualité d’un leader, c’est de tirer parti des qualité de tous. Quitte à s’effacer lorsqu’un membre de son équipe est mieux à même de remplir l’objectif fixé », assure Alain Oumeddour, PDG de Thales Université. L’idée fait son chemin au sein des entreprises. La banque BNP Paribas et le constructeur Nissan ont d’ores-et-déjà acheté des sessions de formation (3 300 euros la demi-journée pour 12 à 16 personnes). Le concept intéresse également les grandes écoles. À l’instar d’HEC, partenaire du projet depuis l’origine. « Nous souhaitons intégrer ce dispositif au tronc commun de nos programmes », indique Karine Le Joly, directrice de l’innovation et de la coordination académique au sein de l’école. De quoi inciter les futurs dirigeants à prendre conscience de leurs limites. Tout en les encourageant à manier une certaine « flexibilité managériale ».

© Guillaume Pierre

La mixité au podium : Non content de montrer qu’un simple employé peut être meilleur leader que son supérieur, SimLead va également dans le sens de la parité. Car ses concepteurs ont noté un fait intéressant : les équipes mixtes parviennent mieux à réaliser leurs objectifs que les équipes purement masculines ou féminines. Les raisons sont encore inconnues, mais Thalès Université promet de faire le point sur la question dans une étude prévue en 2014.
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