Management, n°75 ciment biodégradable pour les os - failles des sites Web - syndrome français du ''mille-feuille'' - Interview de Bruno de Latour directeur de la publication de Domotique News

Innovation : le syndrome français du « mille-feuille »


Malgré un grand nombre d’organismes publics pour accompagner l’innovation, les startups éprouvent de vives difficultés à se financer. L’espoir pourrait venir de l’Open Innovation. A condition que les « gros » s’intéressent aux « petits »… Chronique de Philippe Youkharibache.

Philippe Youkharibache

Un véritable mille-feuille ! C’est, en ces termes, que se décrivent les institutions qui accompagnent l’innovation en France : pôles de compétitivité, incubateurs privés et publics, Investissements d’avenir, organismes de valorisation de la recherche. Tout récemment, la famille s’est agrandie avec les 10 Satt régionales (Sociétés d’accélération de transfert de technologie) et leur budget d’un milliard d’euros ! En dépit de ces nombreux organismes (et de leurs enveloppes), les startups sont pourtant à la peine ! Où sont ces milliards ? Comment innover, se lancer sur le marché et développer nos entreprises de santé ?

Financements sous-dimensionnés. Telles furent les questions qui se posaient lors de la conférence « Innovation en santé », organisée à Paris le 9 octobre dernier par Les Echos. En effet, la situation des startups de santé n’est guère florissante. « Les effectifs des 322 entreprises de biotechnologies ne dépassent pas, dans 80% des cas, les 30 employés », comptabilise André Choulika, président de France-Biotech qui regroupe une bonne part des acteurs du secteur. Quant à leur chiffre d’affaires, il plafonne, en moyenne, à 2 millions d’euros pour 1 million de dépenses en R&D. Or, pour se développer, une entreprise de biotechnologie ou de « Medtech » doit lever une centaine de millions d’euros sur 5 à 10 ans. « Pour construire une industrie des Biotech, il faudrait investir des milliards d’euros ! », poursuit André Choulika. Certes, certaines startups tirent leur épingle du jeu, à l’instar de  Mauna Kea Technologies qui a levé 100 millions dont 56 millions en Bourse.

Open Innovation. L’espoir le plus tangible proviendrait de l’Open Innovation. A savoir le partage des risques et des résultats de R&D entre partenaires – qu’ils soient publics ou privés. A cette fin, l’État a d’ailleurs favorisé la création de nouvelles structures de recherche, les Instituts Hospitalo-Universitaires (IHU). Une couche supplémentaire dans le mille-feuille ? Citons l’ICM (Institut du cerveau et de la moelle épinière) qui a été doté de 100 millions d’euros – dont 57 millions pour la construction de ses bâtiments à l’Hôpital de la Salpêtrière. Au sein de cet IHU, Marie Sarazin, neurologue, et Céline Bouquet, de l’Institut de recherche Roche de recherche et médecine translationnelle, mènent une collaboration de recherche sur la maladie d’Alzheimer. Quid d’une ouverture en faveur des startups ? Pas de réponse… Autre voie pour l’Open Innovation, ouverte par Sanofi, l’investissement dans une startup. En l’occurrence, il s’agit d’un spinoff de Harvard, Warp Drive Bio, qui opère dans un domaine risqué : une plate-forme de génomique pour développer des molécules « naturelles ». L’investissement laisse pantois: 125 millions de dollars avec une option pour acquérir tout le capital de la société pour plus d’un milliard de dollars. C’est le rêve de n’importe quelle startup et capital-risqueur. Dommage que Sanofi boude les startups tricolores.

Docteur es Sciences physiques, spécialisé en bioinformatique, Philippe Youkharibache est également entrepreneur. Il a monté plusieurs startups en Californie (Accelrys, Inpharmatics…). 

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