B2B, n°73 Artiste en zone de guerre - Peinture en poudre Sa Color - SDZ et auto-formation en informatique - Interview de Yan de Kerorguen rédacteur en chef de Place Publique

Sa Color invente la peinture en poudre pour le bâtiment


Une fois ouvert, un pot de peinture doit être consommé rapidement sous peine d’être inutilisable. A la différence de ces pigments de synthèse qui s’autodispersent dans l’eau froide pour fournir une peinture prête à l’emploi et dénuée de COV (Composés organiques volatiles) ou de biocides.

Dispersion des pigments dans l’eau. © Sa Color

Avec sa peinture en poudre, Michel Boudin, PDG de Sa Color, balaie d’un coup de pinceau les volumineux bidons de peinture en acier ou en plastique. La solution proposée par cet ingénieur repose sur une nouvelle génération de pigments autosolubles et autodispersibles grâce à sa technologie Easysperse. « Il s’agit d’un traitement qui consiste à lutter contre l’hydrophobie naturelle des pigments », résume l’industriel. Pour obtenir de la peinture liquide prête à l’emploi, il suffit alors de mélanger ces fameux pigments conditionnés dans des sacs en papier ou en plastique avec de l’eau du robinet. De quoi diviser par deux le poids de la peinture transportée sachant que sur les 950 000 tonnes de peinture acheminées chaque année sur nos routes, le poids de l’eau représente 475 000 tonnes. « En outre, nos pigments synthétiques se prêtent à toutes les couleurs », s’exclame le président de l’entreprise (25 salariés) qui a travaillé pendant un an sur le sujet avec sa petite équipe de quatre scientifiques (dont un docteur en chimie) puis avec le laboratoire d’essais DVI.

Peinture liquide fabriquée à partir des pigments  »Easysperse » et d’eau du robinet. © Sa Color

Ni COV ni biocide. Comparable, au plan technique, à des solutions acryliques, la peinture en poudre ne contient cependant ni COV (Composants organiques volatiles) ni biocides qui sont habituellement utilisés pour éviter l’apparition de micro-organismes. Un argument qui devrait séduire les consommateurs soucieux de la qualité de l’air de leur logis. De leur côté, les applicateurs (peintres et bricoleurs occasionnels) pourront mieux maîtriser leur consommation de pigments. Ce qui est impossible avec les pots de peinture qui, une fois ouverts, doivent être rapidement consommés sous peine de sécher et de devenir inutilisables. On sait d’ailleurs que les déchets issus de la fabrication et de l’utilisation de peintures représentent un volume de plus de 100 000 tonnes par an en France.

Marché international. En voie d’être commercialisés, les piments à base d’additifs alimentaires bio-sourcés sont fabriqués à Canteleu, près de Rouen. L’usine de Sa Color produit déjà des pigments et des colorants autodispersibles pour des applications alimentaires et cosmétiques. Le site, en cours d’agrandissement, verra sa production passer de 500 à 1 700 tonnes pour un investissement de 3 millions d’euros. En faisant ce pari, Sa Color espère tripler son chiffre d’affaires (4,2 millions d’euros en 2011) dans les trois ans en vendant notamment des licences à des fabricants de peinture. L’Allemagne, l’Afrique du sud et l’Amérique du sud seraient déjà intéressées.

© Eliane Kan

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