Club des médias, n°51

Interview du journaliste : « Une News Room pour tous les quotidiens du groupe »


Interview d’Adeline Boldoduck, 30 ans, rédactrice en chef de Direct Lille, quotidien gratuit du Groupe La Voix (La Voix du Nord, Nord Éclair, Nord Littoral, Le Courrier Picard…) qui tire à 60.000 exemplaires.

Quel a été votre parcours ? Après un IUT de journalisme à Lannion, j’ai commencé dans le métier en 2002 chez Autrement dit, un magazine hebdomadaire destiné aux décideurs de la région Nord-Pas-de-Calais. Puis de 2003 à 2005, j’ai couvert le foot à l’antenne de Lens-Béthune de la radio Europe 2. A cette époque, Lens figurait en ligue 1. Les soirs de match, c’est-à-dire le week-end, il y avait une émission de deux heures d’antenne avant, pendant et après le match. C’était génial ! En parallèle, durant la semaine, j’ai présenté le journal du midi et du soir (7 à 8 minutes) à Radio6, une radio locale à Calais dont l’audience était énorme puisque son taux pénétration était de 30%. En fait, pendant quelques mois, j’ai jonglé entre ces deux radios. En août 2005, je suis arrivée à Lille Plus, le quotidien gratuit que le Groupe La Voix avait lancé en 2004 pour contrer 20minutes et Metro qui débarquaient à Lille.

Le titre du journal a changé… Oui, en 2008, il devient Direct Lille à la suite d’un accord avec le groupe Bolloré qui avait lancé Matin Plus (devenu par la suite Direct Matin). A cette époque bon nombre de groupes de presse de la PQR [Presse quotidienne régionale, NDLR] avaient lancé leur quotidien gratuit pour contrer également 20minutes et Metro. D’où la création du réseau Villes Plus qui permettait de mutualiser les pages éditoriales nationales et internationales. A l’époque, c’était Lyon Plus, du groupe Le Progrès qui les fabriquait.

Quels sont les termes de l’accord avec Bolloré ? Le réseau Villes Plus a contracté un partenariat à la fois éditorial et publicitaire en 2008 avec le groupe Bolloré. C’est à ce moment-là que certains titres de journaux ont changé. D’où le nouveau nom du titre Direct Lille PLus. Aujourd’hui, ce réseau compte des quotidiens gratuits dans 13 villes en France. Dans quelques semaines ou dans quelques mois, en tous cas avant l’été, ces quotidiens n’auront plus qu’un seul nom : Direct Matin (comme à Paris) avec des pages locales fortes : Lille Plus, Bordeaux7, Lyon Plus… Car notre force, c’est justement d’avoir chaque jour 4 à 6 pages locales par rapport à 20minutes qui a une notoriété nationale et à celle de Metro qui est plus internationale.

L’équipe de Direct Lille. © Direct Lille

Que couvre Direct Lille ? L’essentiel de l’information concernant la métropole lilloise et la région Nord-Pas-de-Calais. Nous avons deux pages d’actus, une page  »sorties », une page de sports et deux pages magazine et culture. Notre objectif, c’est d’offrir à nos lecteurs une vision assez rapide de l’actualité. Nous ne faisons pas le même métier que La Voix du Nord qui est plus fouillée, plus détaillée. Cela ne nous prive pas de réaliser des enquêtes…

A qui rendez-vous des comptes ? A personne ! (rire). Nous sommes libres du nombre de pages et de ce qu’on y met. J’ai un directeur opérationnel chez PGLM (Presse gratuite Lille Métropole), une filiale à 100% du Groupe La Voix, qui a des activités de régie pub. Nous sommes en négociation pour fusionner les rédactions de La Voix du Nord, Nord Éclair et Direct Lille. C’est le grand projet éditorial du groupe. L’objectif, c’est de basculer davantage de journalistes vers le numérique, c’est-à-dire vers les sites Web et les tablettes tactiles.

La Une de Direct Lille ce mardi 7 février. © Direct Lille

Comment est structurée votre équipe ? Mon équipe se compose de 4 rédacteurs et d’une dizaine de pigistes. Nous faisons la pagination et la mise en page pour éditer un quotidien qui tire à 60.000 exemplaires. Bien sûr, le prépresse de La Voix du Nord fait le lien entre nous et l’impression. A l’instar du journal Sud-Ouest, nous travaillons sur le système de PAO (Publication assistée par ordinateur) Hermès (Unisys). Nous avons aussi un site Web mais, pour nous, c’est compliqué de gérer le numérique car l’édition papier prend déjà beaucoup de temps. En fait, le site reprend automatiquement les articles de l’édition papier avec textes, photos, légendes… Les Internautes peuvent laisser des commentaires que nous lisons. Parfois, nous sommes obligés de les retirer parce qu’ils sont trop  »trash ». Nous essayons également d’avoir une présence dans les réseaux sociaux comme Twitter et Facebook. Au quotidien, à quatre, c’est difficile. Nous faisons de l’artisanat. C’est également ce qui fait la richesse de notre métier.

Comment voyez-vous votre avenir ? Je n’ai aucune visibilité. Je sais que les journalistes de Direct Lille vont être intégrés à une rédaction globale. Au lieu d’être attaché à un seul titre, chaque journaliste travaillera pour une News Room qui regroupera des reporters sur le terrain et des éditeurs au desk pour tous les quotidiens du groupe. Les hebdos du groupe ne sont pas concernés.

Sur quoi allez-vous titrer demain ? Notre gros titre de ce mardi est : « Dans huit jours, le franc ne vaudra plus un rond » Après le 14 février, notre ancienne monnaie ne vaudra plus rien, sauf pour les collectionneurs. Autant en profiter pour l’échanger, ou faire une bonne action. Nous proposons un tour d’horizon des possibilités.

© Propos recueillis par Erick Haehnsen

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