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Éteins ton smartphone : je ne veux pas de ton patron au lit !


Selon une enquête menée avec la CGC, les TIC contribuent à générer du stress au travail. Avec l’informatique mobile, les cadres sont désormais d’astreinte le soir, le week-end et en congés. Certains plaident pour une écologie informationnelle.

Thierry Venin, directeur de l’Agence départementale du numérique (ADN) des Pyrénées-Atlantiques et doctorant sur le thème du lien entre les TIC et le stress au travail. © D.R.

« Comment se fait-il qu’il y ait autant de stress au travail à cause de l’informatique ? », s’interroge Thierry Venin, directeur de l’Agence départementale du numérique (ADN) des Pyrénées-Atlantiques et doctorant sur le thème du lien entre les TIC et le stress au travail. De fait, l’informatique a des effets indésirables qui sont très peu pointés : « Une course à l’outil où l’homme reste très inféodé », estime le doctorant qui phosphore dans le cadre d’une enquête nationale avec la CGC (Confédération générale des cadres) et d’une approche qualitative, baptisée Cooldone, à savoir l’utilisation d’une sonde logicielle qui propose de ne relever les mails que tous les deux heures. « 95% des utilisateurs s’en déconnectent », constate le chercheur. Normal : avec la panoplie de smartphones, extranets, PC portables, tablettes… pour travailler en mobilité ou à distance.

Augmentation de la charge de travail. Dans les faits, les TIC provoquent une surabondance d’informations qui produisent 20 effets indésirables : hachage du temps, confusion des sphères professionnelles et privées, absence totale d’appréciation des temps courts et temps longs… Résultat, 80% des cadres ont l’impression que la charge de travail a beaucoup augmenté avec les TIC et que le temps pour accomplir les tâches devient insuffisant. Du coup, 90% de cadres pensent qu’ils travaillent trop vite et 87% que les outils de communication électronique induisent un temps de traitement trop court. Les facteurs de stress les plus cités sont, à 77%, les interruptions fréquentes. Ensuite, 59% des personnes interrogées éprouvent une difficulté à concilier vie professionnelle et vie privée… Pis : 41% des cadres ont le sentiment de ne pas avoir le droit à la déconnexion le soir, à 35% le week-end et à 29% durant leurs congés. « Si la pollution du temps est plus difficile à quantifier que la pollution de l’air et de l’eau, elle doit être quand même prise en compte dans l’agenda environnemental. » A méditer.

Chartes informationnelles. Que faire ? Envisager, dans le cadre de chartes, des règles d’utilisation des TIC à la fois pour les autres et aussi pour soi-même. Par exemple, à l’instar de la collecte sélective des ordures ménagères, instaurer l’envoi sélectif de mails. Bref, éviter de balancer tout le temps n’importe quoi à tout le monde. « Le besoin se fait sentir de créer un meilleur comportement  »éco-informationnel ». Par exemple en privilégiant les calendriers partagés plutôt que d’envoyer des mails », préconise Thierry Venin. « Il faut aussi faire des règles collectives. » A cet égard, la société d’ingénierie informatique Atos instaure le  »zero mail » en interne. Un vrai projet d’entreprise.

© Erick Haehnsen

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