Club des médias, n°46

Interview du journaliste : « Nous sommes définitivement Geeks »


Interview de Laurent Khong, 36 ans, co-fondateur avec Frédéric Botton de B&K presse qui édite Digital Life Style (DLS), le premier magazine masculin français uniquement conçu pour tablettes tactiles.

Pourquoi avez-vous créé votre société d’édition ? Fin mai 2011, le groupe dans lequel je travaillais s’est retrouvé en redressement judiciaire. Avec Frédéric Botton, 42 ans, nous nous sommes portés volontaires pour le plan social. Nous écrivions déjà un blog sur les micro-hélicoptères, Hélicomicro, juste pour nous faire plaisir.

Laurent Khong, cofondateur de B&K presse qui édite Digital Life Style sur iPad. © D.R.

Vous êtes de vrais  »Geeks » ! Ah oui ! A mort ! Nous sommes raides dingues de nouvelles technologies ! Les choses nous intéressent dès lors que nous ne les comprenons pas et que nous cherchons à acquérir de nouvelles connaissances. Nous voulons aussi partager ces connaissances. Nous avons créé B&K Presse pour retrouver une vraie liberté de ton journalistique.

Quelle est la proposition de valeur de DLS ? La vie au numérique : des styles de vie, des produits qui nous semblent intéressants, des voyages, de la déco, des motos, des nouvelles technologies, du son, des images… Des sujets légers pour se faire plaisir. Nous montrons des produits que nous avons essayés et comparés. Par exemple, tous les aspirateurs robots. Fred est devenu fan. Et moi aussi. J’en ai même acheté un !

Frédéric Botton, cofondateur de B&K presse.© D.R.

Pourquoi un magazine uniquement sur tablettes ? En 2009, j’ai vu Wired, le premier magazine sur iPad. J’ai été soufflé. Je me suis dit : voilà ce que je veux faire ! J’ai compris que mon avenir de journaliste était là. Il y a à la fois la profondeur d’un magazine papier et l’interactivité du net… le tout en mobilité ! Cela donne quelque chose de vraiment passionnant à lire. Nous nous sommes d’abord fait la main sur Hélicomicro en septembre et, en décembre, sur Digital Life Style, les seuls magazines français développés uniquement pour tablettes. En effet, les autres magazines sur tablettes ne sont que des PDF à peine améliorés avec un peu de vidéo. C’est de la simple resucée.

Quelle est votre originalité  »made in Tablett » ? Surtout de l’enrichissement de la maquette. Sur chaque page, on invite les gens à toucher pour découvrir l’intérieur d’une montre, les différents coloris d’un produit, sous différentes vues. Rien n’est fixe. C’est extrêmement ludique. Le premier réflexe des gens : toucher partout pour voir ce qu’il y a de caché : de petites infos, des clins d’œil… C’est très geek mais cela ne manque pas de finesse…

Qu’y a-t-il de plus difficile à faire ? La création de la maquette sous InDesign. Il n’y a pas de limite de pagination. Notre premier numéro fait 200 pages ! Le chemin de fer est à la fois linéaire et vertical, en mode portrait et en mode paysage. Pour nous, cela signifie qu’il y a deux maquettes pour chaque page, deux magazines en un seul. Et nous n’utilisons pas forcément les mêmes visuels pour l’une et l’autre maquette. L’intérêt, c’est d’offrir le plaisir de la diversité. Par exemple, la couverture en mode vertical est sur fond noir. En la passant en mode horizontal, son fond devient blanc. C’est magique ! Ensuite, il y a un travail d’équipe entre le directeur artistique (ou le maquettiste) et le rédacteur. On éditorialise d’abord et on écrit ensuite. D’emblée, il faut penser iPad !

Le magazine DLS sur tablettes. © B&K presse

Quel est votre Business Model ? Tout d’abord, vendre le magazine à 2,99 euros via l’AppStore d’Apple ! En 3 jours de lancement, nous en avons vendu 74 ! Une fois que nous aurons créé notre audience, nous pourrons vendre de la pub et attirer les annonceurs avec des publicités actives et animées. Nous nous plaçons en tant que consommateurs. Par exemple, nous parlons d’un pince-câble à 2 euros pour les câbles USB. Très pratique. Nous mettons le lien pour l’acheter. Est-ce de la pub, du service au lecteur ou un peu les deux en même temps ? En tous cas, pour ce premier numéro, nous n’avons aucune pub ! Ce n’est pas notre métier de solliciter les annonceurs, nous ne savons pas le faire et nous voulons rester dans l’info.

Est-ce difficile d’être accepté par Apple ? C’est contraignant au niveau technique mais c’est un vrai gage de qualité. Et en dehors des contenus  »illégaux », nous n’avons remarqué aucune censure. Pourtant, nous parlons de vins et d’alcools… Apple prélève une commission de 30% sur nos ventes. Beaucoup moins cher que ce que prennent les distributeurs de presse et nous sommes distribués dans 200 pays. Nous préparons d’ailleurs une version anglaise.

© Propos recueillis par Erick Haehnsen

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Discussion

Rétroliens/Pings

  1. Pingback: DLS, Digital Life Style, magazine 100% numérique « hell | yeah - janvier 13, 2012

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