n°46, Vie Quotidienne

Des vêtements auto-décontaminants contre les agressions chimiques quotidiennes


Dans l’air, traîne un certain nombre de substances chimiques dangereuses mais également des risques biologiques. Le vêtement du futur saura détruire ces menaces en 30 minutes chrono.

Valérie Keller-Spitzer, coordinatrice du projet SafeCoat. (c) D.R.

Récemment sélectionné par l’ANR (Agence nationale de la recherche), le projet SafeCoat, fruit de la collaboration entre l’université de Strasbourg et l’entreprise Ouvry, un fabricant d’équipements de protection individuelle, consiste à développer des tenues de protection corporelle, complètes et lavables en machine, visant à empêcher des substances dangereuses d’entrer en contact avec la peau. En ligne de mire : tous les produits chimiques de type acide, le benzène (présent en grande quantité dans la fumée de cigarette), les COV (Composés organiques volatiles) ainsi que les gaz neurotoxiques. A l’instar du gaz  »sarin », utilisé le 20 mars 1995 lors d’un attentat dans le métro de Tokyo. En outre, le vêtement de protection est également efficace contre les virus et les bactéries présents dans l’air… « Les protections existantes filtrent ces menaces. Nous venons en complément et proposons de les détruire », souligne Valérie Keller-Spitzer, coordinatrice du projet SafeCoat.

Auto-décontamination. Le coup d’envoi du projet sera donné au printemps 2012 et fait suite à une précédente expérimentation qui visait, entre 2009 et 2011, à vérifier la faisabilité du concept. A savoir, le développement d’un textile auto-décontaminant. « L’idée, c’est d’intégrer des nanoparticules de dioxyde de titane à l’intérieur des fibres du vêtement », reprend la coordinatrice. « Grâce à ses propriétés super-oxydantes, cette substance transforme les substances dangereuses, chimiques ou organiques, en éléments inoffensifs pour la peau. » L’oxydation, un procédé de détérioration, commence lorsque les vêtements contaminés sont placés sous des UV-A, à savoir des rayons ultraviolets spécifiques produits artificiellement en laboratoire. Dès les dix premières minutes d’exposition à la lumière, 90% de la contamination sont déjà éradiqués. Le reste disparaît progressivement au cours des 20 minutes suivantes.

Les tenues en phase de test. (c) D.R. OUVRY SAS

Vie quotidienne. En pratique, ces tenues sont d’abord destinées à équiper les professionnels. Par exemple des militaires, des policiers ou des pompiers. Récemment, une première série de vêtements prototypes a été testée par les pompiers de l’Essonne (91). Autre cible : le personnel intervenant sur des sites à risques, à l’instar des employés de l’industrie chimique. Par ailleurs, à l’ère des grandes pandémies (comme la grippe A en 2009) et des accidents chimiques (par exemple l’explosion de l’usine AZF, à Toulouse, en 2001), une telle protection pourrait même s’imposer à tout le monde, au quotidien… « Nous envisageons, en effet, de développer cette technologie pour les particuliers », assure Valérie Keller-Spitzer.

© Guillaume Pierre


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