B2B, n°44

Démocratiser l’accès au cœur de la matière


Voyager au cœur de la structure des matériaux ou de petites pièces, c’est la mission de Novitom, première société de service en micro-imagerie 3D synchrotron, créée en octobre dernier.

Barbara Fyard, pédégère de Novitom. © D.R.

Voir au cœur de la matière sans la détruire, c’est le credo de la start-up Novitom, créée en octobre dernier par Barbara Fayard et Jean Doucet, chercheurs biophysiciens au CNRS. « Par exemple, nous recherchons d’éventuels problèmes de porosité, d’imperméabilité, de tenue dans le temps dans de nouveaux matériaux composites fibreux… », explique Barbara Fayard, pédégère de Novitom. Intéressant pour imaginer de nouveaux pare-chocs automobiles plus légers et plus résistants. Ou pour mieux comprendre le croustillant d’un biscuit ou l’élasticité d’une mousse !

Simulation un échantillon de bois. © Novitom

Micro-imagerie 3D. Basée à Grenoble, Novitom bénéficie d’un accès privilégié à l’ESRF (European Synchrotron Radiation Facility ; Installation européenne de rayonnement synchrotron), l’un des trois plus importants synchrotrons dans le monde. Rappelons que ces grands équipements scientifiques fournissent des sources lumineuses particulièrement puissantes, allant des ultraviolets aux rayons X. Ces derniers ont la faculté de traverser la matière. Ce qui ouvre la voie à l’analyse en micro-tomographie par rayons X, une technique non destructive et non invasive qui révèle la micro-architecture interne du matériau. Grâce à cette technologie, Novitom fournit des images 3D de l’échantillon analysé ou un rapport d’études complet avec des paramètres (squelettisation, connectivité des fibres, taux de porosité…) à injecter dans les logiciels de simulation scientifique.

Le synchrotron de Grenoble. © ESRF

Courtier en synchrotron. Dans la foulée, Novitom joue les facilitateurs pour l’accès à différentes sources de rayonnement synchrotron. En autres, le SLS (Swiss Light Source) de Zürich, l’Elettra de Trieste en Italie. Et avec les projets de nouveaux synchrotron en Allemagne et au Brésil. « L’idée, c’est de trouver le meilleur rapport qualité/coût/délai. » Tout un métier ! Certes, les synchrotrons sont tous à peu près au même prix (5 à 6 000 euros pour une séance de 8 heures). Mais les rayons émis sont différents d’une source à l’autre. « SLS sert aux matériaux légers, aux plastiques et aux composites. Pour les métaux, mieux vaut aller à l’ESRF dont la gamme d’énergie est bien plus grande », souligne la pédégère. En revanche, le SLF est plus simple et plus automatisé. Tandis que Grenoble réclame un plus haut niveau d’expertise. A cela s’ajoutent des problèmes de disponibilité dans le calendrier de ces grands équipements scientifiques. Au final, Novitom démocratise la tomographie X synchrotron à partir de 500 euros. De quoi intéresser des PMI.

© Erick Haehnsen

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