n°44, Vie Quotidienne

Produire de l’électricité avec des bactéries


En se nourrissant de déchets organiques, les bactéries produisent de l’électricité. Reste à la récupérer avec des électrodes. C’est ce que propose le français Enovéo avec sa pile à combustible bactérienne. La start-up fait même coup double en lançant le premier biocapteur autoalimenté.

Riches en bactéries, nos fosses septiques pourraient produire de l’électricité dans l’habitat d’ici 5 à 10 ans. C’est du moins une des perspectives ouvertes par la pile à combustible bactérienne qui consiste à transformer en électricité l’énergie produite par des micro-organismes naturellement présents dans les effluents ou les déchets ménagers.

Jean-Michel Monier, chercheur en microbiologie environnementale à l'Ecole Centrale de Lyon et cofondateur d'Enovéo. © D.R.

Une production de quelques volts. En se nourrissant de matières organiques, ceux-ci libèrent des électrons qui vont migrer vers les électrodes de la biopile afin de produire de l’électricité. « Cette énergie verte n’intéresse pas seulement les eaux usées domestiques. Elle est applicable aussi aux effluents industriels et agricoles », rapporte Jean-Michel Monier, chercheur en microbiologie environnementale à l’École Centrale de Lyon. Avec d’autres chercheurs de son laboratoire, ce dernier a d’ailleurs créé une start-up Enovéo, après avoir éprouvé la faisabilité industrielle d’une biopile dans une station d’épuration du Grand Lyon. « En alignant plusieurs modules de biopile, nous produisons déjà quelques volts », souligne Jean-Michel Monier. Reste à en améliorer le rendement et les coûts.

Biocapteur autoalimenté. Pour autant, Enovéo a su tirer parti de cette expérimentation en concevant le premier biocapteur autoalimenté destiné à surveiller en continu des nappes phréatiques ou des bassins de rétention. « En expérimentant la pile bactérienne, nous nous sommes rendus compte que l’intensité du signal électrique dépendait de la bonne santé ou non des populations bactériennes », explique le cofondateur de la start-up qui commercialise cette année son biocapteur pour effectuer des analyses environnementales in-situ. En cas d’anomalie, par exemple la présence dans les effluents d’un produit toxique, les opérateurs de stations d’épuration en sont tout de suite informés. Demain, Enovéo prévoit de spécialiser ces capteurs par types de polluants afin d’indiquer aux opérateurs de station d’épuration si leurs populations bactériennes sont menacées par un produit toxique particulier.

© Eliane Kan

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