A Sophia-Antipolis, une start-up simplifie le contrôle et la manipulation à distance des robots sous-marins utilisés dans l’industrie pétrolière pour travailler en profondeur.
S’incarner à distance dans le corps d’un robot nécessite un équipement lourd et peut provoquer des pertes de repères pour l’opérateur. Tout le contraire du système Kolpi, conçu par la start-up éponyme située à Sophia Antipolis (Alpes Maritimes). Principal marché concerné : l’industrie pétrolière, notamment lorsque les techniciens doivent effectuer des opérations de maintenance à l’aide de robots sous-marins sur des infrastructures immergées.« L’idée, c’est de transmettre le point de vue du robot en 3D et en temps réel », souligne Olivier Kleindienst, dirigeant de Kolpi qui a reçu récemment un prix de l’innovation au Palais des Expositions, à Nice. « Pour travailler dans de bonnes conditions, l’opérateur doit percevoir l’espace dans toutes ses dimensions. » En long, en large, en travers… et même en profondeur.
Hologramme. En pratique, une caméra stéréoscopique est installée sur la machine télé-opérée. Ensuite, le signal emprunte une fibre optique et remonte à la surface. Une fois l’image récupérée, reste à l’afficher… « La solution habituelle consiste à équiper les opérateurs de casques de réalité virtuelle. Mais cela affecte l’oreille interne, provoque des pertes d’équilibres et nuit à l’attention. Sans compter la fatigue visuelle. » Afin de supprimer ces désagréments et plutôt que d’immerger l’opérateur dans une réalité distante, Kolpi affiche l’image reçue sous la forme d’une "génération intermédiaire"d’hologramme, derrière un écran qui prend la forme d’un hublot. « L’utilisateur "plonge" dans ce hublot afin de déporter ses gestes à 1.000 mètres de profondeur. » Finies les pertes de repère.
Manipuler. Une fois le point de vue du robot adopté, reste à le diriger. Sans quitter le hublot des yeux, l’opérateur manipule un bras articulé miniature calqué sur celui de la machine immergée. Pour effectuer avec précisions son geste technique, l’opérateur s’appuie sur son sens "kinesthésique". A savoir la sensation de mouvement et de blocage dans l’espace. « Si le robot détecte une résistance, des capteurs renvoient l’information au bras articulé », explique Olivier Kleindienst, qui a mené des recherches en science du toucher ou "Haptique". « L’opérateur ressent immédiatement la résistance. Il ne peut pas aller plus loin. » L’entreprise souhaite maintenant adapter sa technologie à d’autres situations problématiques. Par exemple, pour le démantèlement des centrales nucléaires.
© Guillaume Pierre























Discussion
Pas encore de commentaire.