n°57 Le pouvoir au consommateur - La 3ème génération Photovoltaïque - Tirer profit des formats numériques - Yann Guegan rédacteur en chef adjoint à Rue89, Vie Quotidienne

Un robot pour l’autonomie des personnes handicapées


L’orthèse robotisée commercialisée par le japonais Cyberdyne redonne aux personnes paralysées de l’autonomie dans le mouvement.

Fumi Takeuchi de la division commerciale de Cyberdyne n'a pas hésité à enfiler les fameuses jambes articulées pour nous faire la démo sur le salon Innorobo. © TCA

Avec son exosquelette "Hal" (Hybrid Assistive Limb ou Assistance hybride des membres), le professeur Yoshiyuki Sankai de l’université de Tsukuba au Japon redonne un bel espoir aux personnes souffrant d’une paralysie des membres ou ayant beaucoup de mal à se mouvoir. Et ça marche ! Comme en témoignent les vidéos enregistrées dans des hôpitaux et diffusées lors d’une conférence sur le dernier sommet européen de la robotique, InnoRobo, qui s’est achevé vendredi dernier à Lyon.

Impulsions électriques du cerveau. Le robot Hal se présente sous la forme de deux jambes reliées par une ceinture et pourvues d’articulations motorisées. Pour commander cette orthèse, l’éminent scientifique utilise les impulsions électriques émises par le cerveau. Une fois que ces dernières arrivent au niveau des muscles des membres inférieurs, elles génèrent de faibles signaux biologiques à la surface de la peau. A l’aide de capteurs simplement collés à la surface de la peau, le robot Hal détecte ces signaux électriques. Dès lors, son générateur électrique met en branle les articulations qui vont accompagner les membres du patient dans chacun de leurs mouvements. « Nous savons détecter les signaux même lorsqu’ils sont très faibles », se félicite l’emblématique Professeur Sankai. Créée en 2004 à Tsukuba, sa société, Cyberdyne, qui emploie une cinquantaine de personnes, loue ses prothèses à raison de 1.600 euros par mois aux établissements de soins.

Avec son exo-squelette, le professeur Yoshiyuki Sankai de l'université de Tsukuba joue l'Iron Man. © Cyberdyne

Une version autonome disponible. Trois modèles sont disponibles (S, M, L) et sont ajustables à la taille du patient. « 200 modèles ont déjà été loués », indique Fumi Takeuchi de la division commerciale de Cyberdyne. Laquelle n’a pas hésité à enfiler ces fameuses jambes articulées. Pesant 12 kg, celles-ci offrent une autonomie de 2 heures. Si le cerveau du patient ne peut fournir les signaux de commande nécessaires, Hal peut être pris en main soit par le kinésithérapeute connecté par un câble à son patient soit par un système autonome qui lui fera accomplir des mouvements pré-enregistrés. Un système comparable pour les bras peut être rajouté afin d’aider les manutentionnaires à porter des charges pesant jusqu’à 80 kilos. Mais il s’agit, cette fois, d’un prototype.

© Eliane Kan

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