En misant sur de la lingerie aux vertus amincissantes, hydratantes et accélératrices de bronzage, cette PME distribue ses produits toute l’année sur de nouveaux marchés en France et bientôt à l’étranger. Un virage qui l’a amenée à s’organiser afin de répondre aux réglementations qui touchent le secteur cosmétique.
65 ans après sa création, l’entreprise Lemahieu n’a pas pris une ride. Ce fabricant de lingerie et de sous-vêtements de nuit tricote toujours l’intégralité de ses textiles dans son usine de Saint-André lez Lille (Nord) avant de les expédier chez son teinturier. Depuis 2008, une partie de sa production est imprégnée de micro-capsules d’environ 5 microns. Il s’agit d’une opération réalisée à l’extérieure, en collaboration avec ses partenaires. Une fois traités et confectionnés, les produits diffusent, à l’instar de patchs géants, des huiles et des substances actives aux vertus amincissantes, hydratantes ou ayant la propriété d’accélérer le bronzage. Demain, ces produits pourraient aussi raffermir la peau.
Parts de marché à l’export. Grâce à ces innovations, la PME familiale de 110 salariés limite la saisonnalité de ses sous-vêtements les plus chauds qui ne se vendaient majoritairement que durant les mois les plus froids « Aujourd’hui les vêtements cosmétiques représentent 10 à 15% de mon chiffre d’affaires. J’espère atteindre 50% dans les prochaines années », confie Edith Lemahieu, la pédégère. Dans cette perspective, la dirigeante lilloise s’apprête à commercialiser ses produits aux États-Unis et développe des contrats en Russie et dans des pays plus lointains.

Comme les patchs, les sous-vêtements cosmétiques diffusent des substances actives micro-encapsulées. © Lemahieu
Réglementation cosmétique. Un joli virage pour ce fabricant qui a investi environ 500.000 euros dans cette activité. Pour répondre aux contraintes réglementaires pesant sur les produits cosmétiques, il recourt à un expert en toxicologie pour prouver que les substances employées sont inoffensives. La stabilité des formules est également testée sur une période de 36 mois. Le temps nécessaire pour vérifier que les substances actives ne se sont pas dégradées et qu’elles ne risquent pas de générer de problème dermatologique.
Traçabilité des lots. En interne, la PME s’est organisée pour tracer ses textiles, ses lots de micro-capsules et ses vêtements au moyen de code-barres de sorte qu’à chaque produit corresponde un lot identifié de substances cosmétiques. « Ensuite nous avons sensibilisé en interne notre personnel à la manipulation de ces produits sensibles », confie la pédégère. D’ailleurs, des échantillons de textile sont régulièrement prélevés et envoyés au fabricant de micro-capsules « A l’aide d’un microscope électronique, il vérifie s’il y a bien la quantité requise de micro-capsules (8 à 10% du poids du textile) puis contrôle la tenue des micro-capsules sur le tissu après lavages sachant qu’au-delà d’un certain seuil, le textile peut être éventuellement rechargé. »
© Eliane Kan






















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