Management, n°56

Quand l’innovation sociale soutient le commerce de proximité


Engagée dans l’économie solidaire, la société Le Champ Commun vient de remporter le prix de l’Innovation sociale. Cette coopérative, à mi chemin entre l’association et la SARL, a ouvert une épicerie solidaire et un bar à concerts pour maintenir le lien social.

La société coopérative Le Champ Commun oeuvre pour le maintien du commerce de proximité. © Le Champ Commun

Les petits commerces de proximité sont indispensables au maintien du lien social. Les associés du Champ Commun en sont convaincus. Il y a deux ans, ils ont investi 75.000 euros pour acheter et aménager un bâtiment et y développer une épicerie solidaire ainsi qu’un bar à concerts. Une initiative qui leur a valu de recevoir, dans le cadre du concours national des jeunes entrepreneurs solidaires, le prix de l’innovation sociale (20.000 euros). « En fait, ce qu’il y a d’innovant, c’est la forme juridique que nous avons adoptée pour mener à bien notre projet. Il s’agit en l’occurrence d’une société coopérative exploitée sous forme de SARL », explique Mathieu Bostyn, chercheur en sociologie et gérant du Champ Commun.

Les associés du Champ Commun ont aménagé par eux-même le bâtiment qui accueille l'épicerie solidaire et le bar à concerts. © Le Champ Commun

2.200 références. Implantée à Augan, une ville du Morbihan d’environ 1.500 habitants, cette coopérative tire un trait d’union entre l’association en loi 1901 – qui défend l’intérêt général – et l’entreprise marchande à but lucratif. 93 associés adhèrent à ce concept. A savoir, 8 salariés, des consommateurs et des producteurs locaux associés à la coopérative. Signe de leur engagement, les statuts comportent un préambule qui déclare que l’objectif premier est de maintenir l’économie locale, de favoriser les artisans et les artistes. « Chacune de nos actions est évaluée au regard de cet engagement. Nous sommes dans une logique de transparence et d’économie équitable », reprend Mathieu Bostyn. Deux ans après sa création, l’entreprise est d’ailleurs quasiment rentable. La supérette distribue 2.200 références de produits dont 350 sont locaux. De son côté, le bar fonctionne près de 60 heures par semaine et accueille des conférences, des concerts et des pièces de théâtre.

Quasiment rentable. Les difficultés rencontrées sont de deux ordres. D’abord, il faut veiller à la productivité et à la rentabilité des activités en travaillant de manière plus efficace. Ensuite, il s’agit de créer parmi les associés une culture commune à partager. L’entreprise a d’ailleurs des projets. Dont celui de créer une microbrasserie qui produira de la bière locale. « Par ailleurs, nous travaillons en partenariat avec la région Bretagne sur projet d’auberge et nous réfléchissons aussi à la mise en place d’accueil et d’organisation de formation autour de l’économie sociale et solidaire. » L’idée étant de favoriser l’éclosion de projets collectifs du même type que Le Champ Commun. Une belle manière de contribuer au développement de l’économie solidaire qui pèse déjà lourd dans l’économie française avec 7% à 8% du PIB et 10% de l’emploi salarié.

© Eliane Kan

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