Management, n°51

Attention à l’alcool et aux drogues au travail


Selon la réglementation, si les employés boivent ou se droguent, c’est le patron qui "trinque". Revue des précautions élémentaires à prendre.

Nathalie Olivier, gérante de RH Conseil PME. © D.R.

Selon l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé), la consommation d’alcool et de drogues touche de plus en plus le monde du travail. Attention, ces consommations engagent la responsabilité de l’employeur en vertu de leur obligation à assurer la santé et la sécurité des salariés au travail. « Sinon, il risque la faute inexcusable », avertit Nathalie Olivier, directrice du cabinet RH Conseil PME.

Document unique. Première précaution : à l’occasion de la mise en place obligatoire du DUER (Document unique d’évaluation des risques au travail), il faut en profiter pour répertorier les métiers à risque. « Notamment, les postes de ceux qui conduisent des véhicules, travaillent en hauteur ou sur des machines ou encore manipulent des produits dangereux… », insiste Nathalie Olivier. Ensuite, l’employeur doit prouver qu’il prend toutes les mesures nécessaires pour prévenir le risque. Notamment en assurant une formation à la sécurité dès l’embauche. « A côté de cela, l’employeur a également intérêt à rédiger un règlement intérieur, même si celui-ci n’est pas obligatoire pour les entreprises de moins de 20 salariés », reprend l’experte.

Médecine du travail. A côté de cela, l’employeur doit faire passer des visites médicales pour l’embauche, des visites régulières et aussi pour la reprise du travail. « Si le médecin du travail détecte chez un ou plusieurs salariés des problèmes d’addiction, il est censé faire une fiche d’inaptitude totale ou partielle en fonction du poste occupé. En aucun cas, il n’avertira le patron d’un problème d’addiction… » A l’employeur donc de demander une "fiche entreprise" pour avoir des pistes. En revanche, l’employeur peut demander un dépistage pour usage de drogue ou d’alcool concernant les métiers particulièrement à risque. A condition de l’inscrire dans son règlement intérieur.

Dialogue. Si l’employeur soupçonne un salarié de boire de l’alcool ou de se droguer, mieux vaut en parler. « J’ai le cas d’un coursier qui s’alcoolisait. Il a arrêté durant la journée et pendant la semaine », confie Nathalie Olivier. « Quant aux cadres, il faut faire en sorte qu’ils ne se droguent pas à cause d’objectifs trop élevés. Mieux vaut définir ensemble ces objectifs. »

© Erick Haehnsen

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