B2B, n°45

L’usinage laser s’essaie aux grandes dimensions


Irepa Laser est en train de mettre au point une machine laser à prototypage rapide capable de fabriquer des pièces métalliques pouvant aller jusqu’à 300 kg.

Jean-Paul Gaufillet, le directeur d'Irepa Laser. © Irepa Laser

Centre de ressources technologiques au service de l’industrie, Irepa Laser, basé à Illkirch (Bas-Rhin), est le chantre de technologies innovantes dans le domaine du laser. Notamment celle du Clad (Construction laser additive directe) dans le cadre du prototypage rapide. « Il s’agit d’injecter dans un faisceau laser un jet de poudre qui sera fusionné et, dans le même temps, de mettre en fusion la surface sur laquelle la poudre va être déposée », explique Jean-Paul Gaufillet, le directeur d’Irepa Laser. « Ainsi, en empilant des couches successives, on crée des pièces métalliques en 3D. Comme un potier ! » Jusqu’ici, le prototypage métallique restait déjà relativement confidentiel. Et surtout cantonné à des pièces de ne dépassant pas 500 mm x 500 mm x 500 mm.

La nouvelle machine Clad en cours de construction à Irepa Laser. © Irepa Laser

Une première en France. Cette semaine, Irepa voit les choses en grand. Dans le cadre d’un projet de recherche, le centre est en train de construire une machine Clad prototype capable de fabriquer des pièces d’une taille de 1.000 mm x 600 mm de diamètre, d’une épaisseur de 30 mm et d’un poids de 300 kg. « Moins de 5 machines de ce type existent dans le monde. Et c’est la première en France ! », poursuit Jean-Paul Gaufillet. « La machine va embarquer 2 têtes laser. Une tête à forte puissance (6 kW) qui sera utilisée pour le remplissage et une tête de 750 W pour le contour des pièces. La conception est française mais l’enceinte de protection gazeux (Argon) est allemande. »

Économiser du titane. Le grand intérêt de cette machine Clad, c’est qu’elle permet de fabriquer, par ajout de matière, des pièces exceptionnelles en titane qui sont immédiatement fonctionnelles. Alors que, jusqu’ici, il fallait les usiner par enlèvement de matière. Au prix du matériau, on s’en doute, les économies attendues sont énormes. On comprend pourquoi les ténors de l’aéronautique, Dassault Aviation, EADS, Snecma, grands consommateurs de titane, sont parties prenantes à ce projet de recherche qui va durer encore 3 ans. « En outre, le délai de réalisation de la pièce, de l’étape de conception jusqu’à la livraison, devrait être réduit de 30% à 40% », ajoute Jean-Paul Gaufillet.

© Erick Haehnsen

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