Un capteur souple à bord des vêtements de protection va sonner l’alerte lorsque la température sera trop élevée.
Détecter un seuil critique de température dans les uniformes de pompier serait salutaire. Car la chaleur de l’incendie s’emmagasine dans les différentes couches de leur vêtement de protection. Au-delà d’une certaine température, elle peut se libérer et provoquer de brûlures graves. Un risque que pourrait bien écarter le dispositif mis au point entre 2006 et 2010 par Aurélie Cayla*, à l’époque chercheuse au laboratoire Gemtex (GEnie et Matériaux TEXtiles) au sein de l’Ensait (École nationale supérieure des arts et industries textiles) de Roubaix.

Aurélie Cayla est aussi lauréate du prix international de la fondation Théophile-Legrand - Institut de France. (c) D.R.
Nanotubes de carbone et polymères. Cette invention se présente sous la forme d’un capteur souple, une sorte de patch dont la trame est constituée de fils conducteurs textiles (issus d’un mélange de nanotubes de carbones et de polymères), sensibles à certaines températures. Lorsque le seuil critique est atteint, le détecteur change de conductivité électrique. « Cette modification est enregistrée par deux électrodes cousues grâce à deux fils d’argent à même le capteur et reliées à un boîtier électronique qui va alors diffuser un signal sonore ou lumineux », indique la chercheuse qui a travaillé dans le cadre du projet Inteltex (INTELligent multi-reactive TEXtiles integrating nano-filler based CPC-fibres). Un programme coordonné par l’entreprise Nanocyl dans le cadre du 6ème PCRD (Programme cadre de Recherche et développement de l’Union européenne). « Ce type de capteur souple combinant des nanotubes de carbone et des polymères spécifiques ouvre la voie à d’autres applications comme la détection de solvants ou de gaz », indique Aurélie Cayla, future maître de conférence à l’Ensait.
© Éliane Kan





















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